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Portable shrine | kaÏs dhifi


22 Janvier 2026 – 28 Fevrier 2026 | Bhar Lazrag

Artist Statement


Se façonner soi-même alimente le véhicule d’une vie d’accumulation d’expériences que nous recueillons et transportons tout au long d’un voyage destiné à devenir l’expression de tout ce qui existe.

Animés par cette énergie versatile, nous devenons une sorte de cabine de voyage, dirigés vers des autels de murmures infinis, explorant au‑delà du visible, un diorama de ce que nous sommes.

Combien de fois ai‑je traversé la rivière ? À la recherche de ce territoire errant, je portais déjà depuis le début en moi un temple mobile, n’ayant besoin d’aucun autre ailleurs, car tout était toujours déjà là.

Qui voyage en soi est toujours transporté par des territoires merveilleux.


Texte Curatorial


Dans l'immensité muette et argentée du Metalia-verse, existe un sanctuaire connu sous le nom de Mystic Harbour. C’est là que résident King Lizard (l'avatar de l’artiste) et son compagnon Kibza (le meilleur ami de l’artiste), une chimère alliant design futuriste et mythe antique.

Cet univers n'est pas une simple fantaisie, mais une transposition de la réalité de Kaïs Dhifi, un monde animalier et païen où les lois de la physique sont dictées par la règle de la disponibilité. Y pénétrer, c’est s'embarquer pour une profonde descente en soi — «pour restaurer ce récit de soi, je lui ai donné des formes», déclare l’artiste.

Chaque œuvre de cette exposition est un fragment de ce voyage intérieur. Dérivant sur la mer métallique se trouve le Floating Totem, relique d'un vaisseau spatial voyageant sans fin à travers le temps, portant le poids d'une civilisation perdue dans les étoiles. À l'instar des «Droplets» dans The Three-Body Problem de Liu Cixin, ces œuvres sont forgées à partir du «Graal des matériaux» ; dans ce contexte, l'acier inoxydable.

Bien qu'ils apparaissent comme des objets d'une grande force et d'une réflexion absolue, contrairement à la perfection terrifiante des Droplets de Cixin, ces formes sont plus délicates et renvoient en miroir des déformations esthétiques.

En refusant la précision froide de la découpe laser pour préserver son indépendance face aux dépendances technologiques, l'artiste utilise sa propre force pour découper le métal et adopte le «langage d'un enfant» pour nous inviter dans cette navigation complexe. Cette simplicité visuelle est un code délibéré conçu pour inviter le spectateur dans un récit à plusieurs niveaux; d'une interprétation touchante et accessible, jusqu'aux codes cachés et à la profondeur philosophique.

À mesure que le voyageur s'enfonce plus profondément en lui-même, les formes basculent du figuratif vers l'abstrait; le triptyque de Mystic Harbour agit comme une carte de cet univers en patchwork, où le métal est tissé en une tapisserie à la manière de Matisse. En son centre, Antegonia sert de repère, où, proche ou lointain, le Fortune Parlour se dresse tel un temple sur roues. Il est orné de symboles ésotériques que l'artiste a sculptés pour ceux qui sauront regarder.

À ses pieds, l'Altar, nature morte métallique, offrande tranchante au cycle cosmique. Et à quarante-trois minutes-lumière d'ici, sur soi-même ou sur la lune Europe, Star Icon, Moon Icon et Sun Icon peuvent être retrouvés comme les fossiles de ce royaume, les symboles du cycle que nous habitons tous.

C'est là, dans ce sanctuaire aux 1 000 rivets manuels, à l'intérieur du Portable Shrine que l'on trouve le point où le monde extérieur et le voyage intérieur finissent par converger.

- Kenza Zouari
Commissaire d'exposition indépendante
Tunis, 2026


ARTISTE : Kaïs Dhifi

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Œuvres